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Le 25 janvier, le match de football entre Lagnieu et Rossillon avait dû être arrêté suite à des incidents dénoncés par l'arbitre. Après ses aveux en garde à vue, le joueur accusé d'insultes racistes s'est rétracté. Il sera jugé le 5 mai
« Si les incidents à connotation raciste restent marginaux dans le football amateur, ils sont plus présents qu'il y a quinze ans, expliquait Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française de football dans une interview à la Croix en mars 2006. Peut-être faut-il autoriser les arbitres à arrêter alors le match. Ce serait mettre vraiment les pieds dans le plat. Mais peut-être est-il temps de montrer ce courage-là ». Un mois plus tard la FFF s'associait à une campagne en direction des ligues et districts amateurs : « le racisme, se taire c'est l'accepter ».
Arrêter un match qui dégénérait sous un flot nauséabond de propos racistes sur le terrain et le long des mains courantes, l'arbitre de la rencontre entre Lagnieu et Rossillon l'a fait le 25 janvier dernier. Fait encore plus exceptionnel il a eu le courage de le consigner dans son rapport. Et Makam T., le capitaine de Rossillon victime d'insultes racistes et des fameux « cris de singe » qui émaillent certaines rencontres du foot professionnel, a choisi de porter plainte le jour même à la gendarmerie de Lagnieu. Aucun des spectateurs du match ne sera inquiété, et seul un joueur de Lagnieu sera formellement identifié par Makam T.
Placé en garde à vue un mois plus tard, le joueur avait été confronté à Makam T. et avait reconnu les faits, tout en ne comprenant pas être le seul inquiété dans cette affaire.
Le parquet de Belley avait alors décidé de le poursuivre pour « injures publiques envers un particulier en raison de l'ethnie, la race, le sexe, le handicap ou l'appartenance religieuse. Un délit passible de six mois de prison et 22 500 euros d'amende. Il sera jugé à Belley le 5 mai prochain.
Mais l'avocat du joueur a adressé un courrier expliquant que son client revenait sur ses aveux. Ce sont les « conditions » de la garde à vue qui selon lui l'auraient poussé à reconnaître les faits.
L'affaire est donc entre les mains de la justice, mais au niveau sportif elle a déjà été examinée par la commission de discipline du district de l'Ain qui a sanctionné le club de Lagnieu et un éducateur de Rossillon sans se prononcer sur le cas du joueur incriminé ( Le Progrès du 12 mars).
Un refus de prendre ses responsabilités ? Pas du tout répond Bernard Barbet, le président de la ligue Rhône-Alpes (LRAF) : « sur 23 000 rencontres cette saison six actes de racisme seulement ont été recensés. C'est six de trop et c'est inférieur à la réalité, mais les commissions de discipline n'ont pas les moyens d'investigations de la police !
Je suis tous les week-ends sur les terrains et je vois peu de racisme. Il ne faut pas banaliser, mais le foot n'est pas différent non plus de la société. »
La LRAF se réserve le droit de faire appel, mais ne sera par contre pas partie civile au procès du joueur, « pour ne pas mettre d'huile sur le feu. »
Le Progrès