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LONDRES (Reuters) - Les révélations du Daily Telegraph se poursuivent dans l'affaire des notes de frais indues qui éclabousse la classe politique britannique et concernent cette fois un député travailliste.
Dans son édition de samedi, le quotidien, qui en est au neuvième jour de révélations, évoque le cas de David Chaytor, député travailliste à la Chambre des Communes, qui reconnaît son erreur pour avoir réclamé le remboursement de plusieurs milliers de livres pour un emprunt immobilier déjà remboursé.
L'élu, dans une déclaration au journal, parle "d'une erreur impardonnable", s'excuse "sans réserve" et promet de rembourser au contribuable les 13.000 livres (14.500 euros) perçus.
"C'est une question très grave", ont déclaré les services du Premier ministre Gordon Brown dans un communiqué, tandis qu'un porte-parole précisait que le responsable de la discipline au sein du parti allait s'entretenir "d'urgence" avec l'élu.
Cette affaire de révélations quotidiennes touche tous les partis, mais particulièrement le Labour, au pouvoir depuis 1997, qui pourrait bien être sanctionné pour cela lors des élections au parlement européen le mois prochain.
Jeudi, Gordon Brown a suspendu l'ancien ministre de l'Agriculture Elliot Morley pour avoir demandé le remboursement de 16.000 livres (18.000 euros) pour un crédit immobilier qu'il avait déjà remboursé.
Vendredi, le secrétaire d'Etat à la justice Shahid Malik a dû démissionner à la suite d'informations selon lesquelles il paierait un loyer très inférieur aux prix du marché. Malik est le premier membre du gouvernement de Gordon Brown victime du scandale.
Selon le Telegraph, le secrétaire d'Etat a réclamé l'an dernier le remboursement par l'Etat de plus de 23.000 livres sterling (25.800 euros) pour son domicile londonien alors qu'il disposait d'une maison de trois chambres dans sa circonscription du Yorkshire pour un loyer modique de moins de 100 livres par semaine.
POSSIBLE RETRAIT D'INVESTITURE
Le parquet et la police ont décidé vendredi d'ouvrir une enquête préliminaire pour déterminer s'il y avait lieu d'engager des poursuites judiciaires contre les auteurs des malversations.
Selon l'édition de samedi du Guardian, tout parlementaire du Labour qui aura triché dans ses demandes de remboursement se verra interdit l'investiture travailliste aux prochaines élections législatives, prévues à la mi-2010.
Selon le quotidien, Gordon Brown a donné à ses ministres jusqu'à lundi soir pour faire en sorte que les notes de frais des cinq dernières années aient été enregistrées auprès des autorités parlementaires et prêtes à être publiées.
Le Telegraph publie d'autres informations sur une demande de remboursement de 1.200 livres (1.350 euros) du parlementaire liberal-démocrate Richard Younger-Ross pour l'achat de quatre miroirs, dont l'un à 725 livres, pour meubler son domicile londonien.
Selon le quotidien, l'élu a dépensé 1.100 livres (pour un système stéréo haut de gamme et 1.475 livres pour une commode.
Younger-Ross n'a pu être joint. Un porte-parole des libéraux démocrates (LibDem, deuxième partie d'opposition) a fait savoir que le parti ne commenterait pas "plus avant" les révélations de la presse.
Le Telegraph souligne que les achats de Younger-Ross ont été approuvés par les autorités même si ceux-ci paraissaient ne pas respecter la règle selon laquelle les parlementaires ne doivent pas utiliser l'argent du contribuable pour "des biens coûteux ou luxueux".
Younger-Ross a déclaré vendredi qu'il rembourserait plus de 4.000 livres de frais.
Le Telegraph publie aussi les notes de frais de la parlementaire conservatrice Nadine Dorries. Devançant la publication de ces informations, Nadine Dorries dément avoir demandé le remboursement d'une chambre d'hôtel pour la Saint-Sylvestre et avoir demandé une indemnité pour seconde résidence alors qu'elle n'en a qu'une.