A peine installé au poste de Premier ministre, Gordon Brown a été confronté au terrorisme avec les attentats manqués de la fin du mois dernier.
Premier objectif : trouver et punir les auteurs. Cinq suspects vont être interrogés pendant au moins une semaine supplémentaire par la police : le médecin jordanien Mohammed Asha, 26 ans, son épouse laborantine, Maroua Daana, 27 ans, ainsi que le médecin indien Sabeel Ahmed, 26 ans, resteront en garde à vue jusqu'au 14 juillet. Deux autres hommes arrêtés en Ecosse mais dont l'identité n'a pas été communiquée, resteront en détention jusqu'au 15 juillet.
Concernant les trois autres suspects, le médecin irakien Bilal Abdulla a été inculpé vendredi, le conducteur de la voiture-bélier lancée contre l'aéroport de Glasgow reste hospitalisé dans un état grave sans être formellement en régime de garde à vue, et un médecin est en détention provisoire en Australie.
Le nouveau conseiller du Premier ministre Gordon Brown pour les questions de sécurité, l'amiral Alan West, a estimé dimanche que son pays devait se préparer à un combat d'une quinzaine d'années contre le terrorisme islamiste. Affirmant que la stratégie antiterroriste du gouvernement doit se concentrer davantage sur des efforts de prévention pour éviter la radicalisation de jeunes musulmans, il a déclaré au Sunday Telegraph que « cela ne se fait pas en un jour ». « Je crois que cela prendra 10 ou 15 ans », a-t-il ajouté.
L'amiral West doit prochainement soumettre un rapport au Premier ministre sur le recrutement à l'étranger de médecins.
Mercredi, Gordon Brown avait dit vouloir étudier un durcissement du contrôle des immigrants souhaitant travailler dans le système de santé britannique (NHS), qui a employé les huit suspects arrêtés après les attentats manqués de Londres et Glasgow.
Devant la Chambre des Communes, le chef du gouvernement avait également évoqué l'élargissement d'un fichier international de terroristes potentiels.
Hier, dans un entretien à la chaîne Sky News, il a réaffirmé son souhait que les informations sur des terroristes connus ou présumés circulent mieux d'un pays à l'autre, afin notamment d'avoir « une idée plus précise sur les personnes arrivant dans tel ou tel pays, pour des raisons professionnelles ou autres ».
Des liens avec Al-Qaïda
La presse dominicale en Grande-Bretagne a continué à consacrer une large place à la menace terroriste. The News of the World cite un document du MI5 (service de renseignement intérieur) selon lequel le nombre de cellules liées à Al-Qaïda aurait doublé en un an.
Quelque 219 « centres d'activités terroristes » auraient été répertoriés. « Des cellules font leur apparition un peu partout.
Elles se développent comme un virus », affirme au quotidien un haut responsable du renseignement.
Le Sunday Times affirme qu'au moins l'un des cinq suspects en détention en Grande-Bretagne avait récemment été en contact avec la branche irakienne d'Al-Qaïda. Et l'Observer croit savoir que Kafeel Ahmed, grièvement brûlé à l'issue de l'attentat raté de Glasgow, était l'« allié connu » d'un haut responsable d'Al-Qaïda.
Nouvelle piste en Inde
La police indienne est à la recherche de douze personnes demeurant à Bangalore, ville du Sud de l'Inde d'où sont déjà originaires trois suspects appréhendés dans le cadre de l'enquête sur les attentats ratés.
Selon le Sunday Times indien, les enquêteurs ont été mis sur la voie de douze personnes après avoir retrouvé les données du permis de conduire de Kafeel Ahmed, l'Indien de Bangalore qui conduisait la voiture-bélier jetée le 30 juin contre l'entrée principale du terminal de l'aéroport de Glasgow, en Ecosse.
Il est actuellement hospitalisé en Grande-Bretagne pour blessures graves. Les policiers cherchent également à savoir si de faux permis de conduire prétendument émis à Bangalore auraient pu être utilisés dans les attentats ratés.
Trois Indiens de Bangalore ont été appréhendés dans le cadre de l'enquête : le médecin Mohammed Haneef, interpellé en Australie, Sabeel Ahmed, également médecin, et son frère Kafeel Ahmed, ingénieur de l'aéronautique.