Parmi les utilisateurs de drogue injectée, 10,9 % sont atteints par le VIH et 62 % par l'hépatite C. Parmi les utilisateurs de drogue injectée séropositifs, seul 17 % ne savaient pas qu'ils étaient porteurs du VIH lorsque le sida leur est diagnostiqué. Sur l'ensemble des séropositifs, ceux qui ne savaient pas sont 35 % chez les homos ou bisexuels et 58 % pour les hétéros.
La consommation de cocaïne est en hausse et se banalise, celle du cannabis se maintient et l'ecstasy se sniffe. L'observatoire régional de santé d'Ile-de-France a publié hier un rapport sur la toxicomanie et les usages de drogues à Paris, où il livre les tendances observées en 2006. Sandrine Halfen, qui a coordonné l'étude, raconte l'inquiétante montée de la cocaïne. La coke « a une bonne image et est devenue moins cher ». Autrefois réservée à « une élite culturelle et intellectuelle », elle est désormais consommée « dans les clubs et les bars, son usage est banalisé ». Et il y a « beaucoup
de revendeurs, car certains usagers en écoulent pour financer leur consommation personnelle, à l'image du cannabis ».
Côté ganja justement, la consommation se maintient mais de récents scandales sur de l'herbe coupée avec des produits toxiques auraient poussé plus d'utilisateurs à produire leurs propres plants. A l'observatoire de la santé, on note surtout de nouveaux modes d'absorption des produits. La cocaïne fumée est en train d'apparaître, tout comme l'ecstasy en poudre, sniffée, aux effets plus forts. « La tendance lourde est également la polyconsommation », prévient Sandrine Halfen, qui évoque des cocktails « cocaïne, ecstasy, cannabis, alcool » particulièrement détonants.
Enfin, 2006 se caractérise par une forte hausse du trafic de médicaments, Skénan et Subutex en tête, deux antalgiques très puissants uniquement accessibles par ordonnance. Depuis un an, trois affaires mêlant des médecins à ce type de trafic ont éclaté à Paris.