Le nom officiel de ce parlement sera l’Assemblée de l'union des municipalités de la province autonome du Kosovo. Un nom qui montre que pour les Serbes du Kosovo, comme pour leurs voisins de Serbie, le Kosovo reste une province serbe.
L’indépendance de la province a été proclamée unilatéralement il y a quatre mois, mais Pristina ne contrôle pas le nord de son territoire, peuplé majoritairement par des Serbes, hostiles à l’indépendance.
Cepedant les fonctions attribuées par les Serbes du Kosovo à leur parlement restent minimes : "Le parlement adopte des déclarations, des résolutions et a le droit de proposer pour adoption des lois importantes pour la vie des citoyens dans la province (du Kosovo) au parlement de la République de Serbie."
Les nationalistes de Serbie se sont évidemment réjouis de cette création. "Je suis persuadé que la Serbie, l'Etat serbe, pourront revenir au Kosovo par l'intermédiaire de ce parlement", a déclaré Slobodan Samardzic, membre du Parti démocratique de Serbie, qui a précisé que selon lui, "dans la situation actuelle, la constitution de ce parlement était la seule solution et la bonne solution."
Le parti pro-européen qui a remporté les dernières élections en Serbie est lui resté plus discret. Il ne reconnaît pas non plus l’indépendance du Kosovo, mais souhaite avant tout maintenir de bonnes relations avec l’UE, pour permettre à la Serbie d’envisager une adhésion à moyen terme.
Les dirigeants kosovars ont, pour leur part, dénoncé vivement la constitution de ce parlement : "C'est une tentative de déstabilisation du Kosovo", a déclaré le président du nouvel Etat, Fatmir Sejdiu. Le vice-Premier ministre, Rame Manaj, a également exprimé sa désapprobation, estimant que l’Assemblée était "illégale et inacceptable et n'aura aucune valeur légale."
L’ONU a pour sa part tenté de minimiser l’importance de l’événement. L’administrateur des Nations unies au Kosovo, Lamberto Zannier, a précisé que la fonction du parlement serait "symbolique", tandis qu’un porte-parole de l’ONU parlait d’une assemblée "pas très sérieuse", pointant du doigt son absence de pouvoir.
La date de création du Parlement a été choisie avec soin, puisqu’elle coïncide avec l’anniversaire de la bataille du Champ des merles de 1389, lors de laquelle la Serbie avait pris le Kosovo à l’Empire ottoman. Cette date est considérée comme fondatrice du nationalisme serbe.
Cet anniversaire est donc plus que jamais l’occasion pour la Serbie de rappeler qu’elle considère le Kosovo comme sien, comme partie intégrante de son territoire, historiquement et culturellement. Mais cela rappelle surtout que l’indépendance de l’ancienne province sera difficile à faire accepter. D’autant plus que le Kosovo n’est reconnu que par une quarantaine d’Etats à ce jour, et que son indépendance compte un adversaire de poids, la Russie.
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