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BOBIGNY (AFP) — La cour d'assises de Seine-Saint-Denis a condamné mardi en appel à dix-huit ans de réclusion criminelle Rachid Bouchta, le "violeur des beaux quartiers", condamné en 2007 à Paris à la même peine de réclusion pour une série de viols et vols commis de 1999 à 2002.
La cour a assorti cette peine d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans, M. Bouchta encourant trois ans d'emprisonnement supplémentaires s'il ne le respecte pas. Elle a en outre ordonné l'inscription de son nom au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (Fijais).
En première instance la cour n'avait pas ordonné de suivi socio-judiciaire, mais une période de sûreté de 12 ans.
M. Bouchta a cinq jours pour se pourvoir en cassation.
L'avocat général Edmond Stenger avait requis lundi la même peine de réclusion, avec un suivi socio-judiciaire de "10 à 15 ans".
Il avait estimé que le verdict de première instance de la cour d'assises de Paris était "approprié" aux crimes reprochés à M. Bouchta, "violeur en série", "prédateur intelligent" dont il avait souligné le sentiment de "toute puissance".
Rachid Bouchta, 35 ans, était rejugé depuis le 18 septembre pour une douzaine de viols et une quinzaine de vols au domicile de femmes seules, dont le butin dépasse 2 millions d'euros.
La cour l'a reconnu coupable de tous, à l'exception de quatre vols, dont celui au préjudice de l'actrice Jeanne Moreau, qui s'était fait dérober des bijoux d'une valeur de 400.000 euros.
L'accusé n'a reconnu que deux vols (de victimes l'ayant reconnu) et une relation sexuelle, consentie selon lui, avec une autre femme. Il s'agit de la seule affaire où de l'ADN a été trouvé et a permis de confondre le coupable.
"N'attendez pas des aveux", l'accusé a "trop d'orgueil" et aime "jouer" avec la justice comme "à la roulette", avait dit aux jurés lundi l'avocat général.
M. Stenger avait opposé le "mutisme" de l'accusé sur son emploi du temps, avant et pendant les agressions, aux "coïncidences probantes" des bornages téléphoniques qui montrent qu'il avait suivi certaines d'entre elles "pas à pas" et que son portable "était éteint" lors des intrusions.
L'homme, qui a sévi pendant plusieurs années dans le XVIe arrondissement de Paris et les communes aisées de l'ouest parisien, surgissait au domicile de femmes lorsqu'elles s'y trouvaient seules, avec un même mode opératoire. Le visage masqué ou exigeant de la victime un bas pour se dissimuler totalement, il exigeait coffre et bijoux sous la menace d'un couteau ou imposait un acte sexuel.
Rachid Bouchta a été interpellé en flagrant délit de vol en août 2004 à Neuilly-sur-Seine.